Les relations humaines
Par Philippe Landrevie   2 commentaires  
       
 
²      Nous avons déjà étudié plusieurs passages du livre du Cantique des Cantiques et avons réalisé les différents niveaux de relation entre l'individu et le Créateur. A partir des mêmes textes, nous allons dans cette étude considérer l'aspect des relations humaines. Dieu nous a créés avec un besoin fondamental : celui de nouer des relations. Elles touchent 2 dimensions : la verticale (avec le Créateur) et l'horizontale (avec les autres) Ainsi, nous sommes appelés à restaurer la communication avec le Seigneur et à la développer afin qu'elle devienne une véritable communion dans l'amour. 2 Cor 5 : 20; 1 Jean 1 : 7. Puis, sur cette base, nous sommes invités à rechercher et à approfondir des relations de qualité avec les autres. Act 4 : 32; 1 Cor 1 :10; Phil 2 : 2.
 
1) MON BIEN-AIME EST POUR MOI. Cant 1 : 13.
 
²      Dans ce type de situation, la personne est égocentrique et tournée vers elle-même. Elle est exigeante et réclame des autres leur attention, leur amour, leurs efforts, leur écoute… Ces attentes sont normales et communes à tous les individus, mais elles demandent à être gérées avec sagesse. "Mon bien-aimé est pour moi" signifie la réclamation suivante : "L'autre doit être pour moi un bienfaiteur qui agit en ma faveur, une source de bonheur et de bien-être". Cette pensée est légitime, mais nous sommes en présence d'une personne qui attend tout d'autrui et qui met en avant les devoirs de l'autre tout en minimisant les siens et ses responsabilités.
 
²      Ce style de vie peut aussi rythmer celle du couple : le mari considère que la femme doit tout lui apporter et se consacrer à lui. L'épouse se repose entièrement sur son époux et attend tout de lui. Quand des dysfonctionnements apparaissent, chacun exige de l'autre des changements et des efforts, sans toujours être disposé à en faire soi-même. Le drame est lorsqu'un des 2 est enclin à rectifier la situation en acceptant des sacrifices mais que l'autre reste emmuré dans ses raisonnements et ses positions inflexibles. Eph 5 : 22-33.
 
²      L'attention est portée sur les obligations de changements du proche sans réellement se donner les moyens de changer soi-même. On exige de lui (ou d'elle) qu'il (elle) change en premier, puis on fera ensuite des efforts pour évoluer.. C'est une situation où on cherche à enlever la paille dans l'œil du mari ou de la femme avant d'ôter la poutre qui est dans le sien. Mat 7 : 1-5. On stigmatise systématiquement les défauts de l'autre et on n'aperçoit plus ses qualités. On est prompt à dénoncer ses manquements. On voudrait qu'il soit pour nous le conjoint parfait.
 
²      On peut étendre la réflexion à des cercles de relations plus larges : on souhaiterait qu'il soit pour nous un patron, un employé, un voisin, un enfant, un parent, un ami, un chrétien bien meilleur que ce qu'il est. Quand on revendique de telles exigences, il est indispensable de s'arrêter un instant et de se poser les questions suivantes : "Est-ce que j'agis concrètement en faveur des autres ? Est-ce que je développe les qualités que je réclame d'eux ? Mat 7 : 12. "Suis-je un acteur de changement positif dans cette relation ?" Prov 20 : 22; Rom 12 : 18; Héb 12 : 14. "Si je désire que l'Eglise soit pour moi une source de bénédictions et d'épanouissement, est-ce que j'y apporte l'amour, la paix, la bonne humeur, la patience que je veux y trouver ?" Le Seigneur invite à relever le défi suivant : choisir de changer d'abord et d'aimer l'autre tel qu'il est avec le secours divin.
 
2) MON BIEN-AIME EST A MOI ET JE SUIS A LUI. Cant 2 : 16.
 
²      Il s'agit dans un premier temps de relever l'aspect positif de la notion d'appartenance. Concernant la famille, c'est un privilège d'en être fier et d'affirmer ainsi : "C'est mon époux bien-aimé, c'est ma femme, ce sont mes enfants, mes parents, mes grands-parents, mes petits-enfants, mon frère, ma sœur…" Au sujet du couple, la bible donne des indications précises pour son bonheur et son équilibre. L'exclusivité sexuelle et la fidélité dans les sentiments doivent être à l'honneur. Cant 4 : 12-16. La porte du cœur doit être fermée à toute sollicitation extérieure qui pourrait mettre le couple en péril.
 
²      La société pousse de plus en plus à l'émancipation. Ainsi, on dévoile beaucoup plus facilement son corps aux autres, mais également son âme en exposant sa vie intime et personnelle. Dieu encourage plutôt à la pudeur, à la retenue et à la sagesse. Certaines situations particulières doivent être partagées dans un cadre privé avec des personnes de confiance. Que le Seigneur conduise chacun à pouvoir dire d'une tierce personne : "C'est mon ami(e) à moi, c'est mon confident(e)". David et Jonathan ont développé cette relation de grande qualité.
1 Sam 18 : 1-4; 19 : 2; 20 : 41-42. On remarque dans la bible une grande complicité entre plusieurs personnages: Ruth et Naomi : Ruth 1 : 16-17; Elie et Elisée : 1 Rois 2 : 2-6; Pierre et Jean : Act 3 : 1; 4 : 1; 4 : 13; 4 : 19; Paul et Onésiphore : 2 Tim 1 : 16.
 
²      Des croyants défendent l'idée de dépendre exclusivement de Jésus seul. Ils se soustraient alors à toute dépendance par rapport à une église. Or, le désir du Seigneur se trouve dans l'équilibre : le disciple est appelé à dépendre de son Seigneur en premier tout en étant attaché à son assemblée. L'épanouissement du chrétien est une réalité quand celui-ci peut affirmer : "C'est mon église à moi, je m'y sens bien même si elle n'est pas parfaite, elle m'aide à grandir dans la foi et la connaissance de Jésus. En retour, j'ai le désir d'y apporter ma contribution à sa croissance en participant avec mes talents et mes capacités". 1 Pi 4 : 10.
 
²      L'aspect négatif de l'appartenance est le suivant : la tendance naturelle de l'être humain est de s'accaparer les autres. "Mon bien-aimé est à moi" vécu dans l'équilibre peut alors dériver vers les notions suivantes : "Ma femme m'appartient, elle doit se soumettre et accepter tout ce que je lui demande, mes enfants sont à moi, je décide de leur vie; c'est mon église car je la soutiens de façon conséquente sur un plan financier…"
Dans les familles, des parents peuvent "posséder" chacun leur enfant. Ainsi, Isaac avait "son" Esaü et Rébecca avait "son" Jacob. Gen 25 : 27-28. Jacob a malheureusement reproduit la même erreur en accordant sa préférence à Joseph. Gen 37 : 3-4. Sur un plan humain, on risque d'aimer davantage un enfant plaisant avec beaucoup de vertus, avec un physique agréable, travaillant bien au niveau des études, obtenant une situation professionnelle valorisante, que son frère ou sa sœur qui ne développe pas autant de qualités. Les Ecritures invitent à éviter ces pièges, car Dieu ne fait pas de différence entre les hommes, les aimant tous d'un même amour. Act 10 : 34; Eph 6 : 9; Jacq 2 : 1; 2 : 9.
 
3) JE SUIS A MON BIEN-AIME ET MON BIEN-AIME EST A MOI.
Cant 6 : 3.
 
²      La pensée présente ici est le fait de choisir d'accorder la priorité aux autres. Le disciple développe cette mentalité. Il décide de s'offrir et d'appartenir à Jésus qui devient donc son Seigneur. Par voie de conséquence, il "appartient" aussi aux autres dans la mesure où il se donne aux autres pour être disponible avec un cœur de serviteur. La bible établit la liaison entre ces 2 pensées car il est purement illusoire et théorique de vouloir servir le Seigneur sans servir les hommes.
 
²      Paul fait l'éloge des chrétiens de la Macédoine qui se sont consacrés à Dieu et donc à des hommes et à des femmes dans le besoin. 2 Cor 8 : 5. Les Lévites étaient une tribu mise à part pour le service du tabernacle puis du temple. Ils étaient donnés à l'Eternel et donc mis à disposition des responsables. Nomb 18 : 6. Josué était serviteur de Moïse et de l'Eternel. Jos 1 : 1; 24 : 29. Dans le cadre de la Nouvelle Alliance, tous les croyants sont concernés par l'offrande de leur existence pour servir le Seigneur et les autres. Dans l'Eglise primitive, les pauvres avaient le nécessaire pour vivre car les chrétiens consacraient leurs biens financiers et matériels à Dieu. Act 4 : 34-35. Ils considéraient leurs richesses comme des grâces divines pour leur bien-être mais aussi pour être utilisées dans le but d'accomplir de bonnes œuvres. Eccl 5 : 18; 1 Tim 6 : 17-19. Jacq 1 : 17.
 
²      Appartenir réellement à Jésus et se donner aux autres pousse à la générosité. Cela concerne tous les domaines de la vie. Ainsi, Pierre et Jean n'ont pas donné d'argent au boiteux car ils ne pouvaient pas.
Act 3 : 1-10. Par contre, ils ont offert du temps, de la présence, de l'attention, de la considération, de l'amour, de l'assistance à une personne dans le besoin, ils ont accepté de changer leur emploi du temps. Une remarque : le Seigneur ne demande pas à Ses enfants de proposer ce qu'ils n'ont pas. Chacun fait en fonction de ses possibilités, de ses capacités et de ses limites, en toute sagesse et équilibre. Deut 16 : 17.
 
²      Aimer les gens passe par la volonté de se donner à eux. Jean 14 : 13. La grandeur d'une personne se mesure à sa volonté d'être utile à son entourage. Mat 20 : 20-28.
 
²      Dans tous les milieux (famille, entreprise, connaissances, église…), l'harmonie est atteinte lorsque la réciprocité est vécue. "Je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi" : "Je me donne à toi et tu te donnes à moi, je suis disponible pour toi et tu l'es pour moi, je suis attentif à tes besoins pour tenter d'y répondre et tu agis de même envers moi". L'absence de réciprocité entraîne des frustrations et des déceptions. L'assemblée doit être ce lieu où les chrétiens se donnent aux autres tout en pouvant compter sur leur secours. 2 Cor 8 : 10-15.
 
4) JE SUIS A MON BIEN-AIME. Cant 7 : 11.
 
²      Le disciple se donne sans attendre un retour, un geste, un remerciement, une marque d'affection. C'est très difficile car nous avons besoin d'être reconnus pour ce que nous sommes et pour ce que nous faisons. Ce niveau de consécration demande une excellente gestion des frustrations et des blessures avec la grâce de Dieu. Sinon, le croyant risque de sombrer dans l'amertume, la rancœur. A un niveau moindre, il peut choisir de fermer son cœur et être moins disponible pour aider. Dans ces cas, il est important de renoncer à ses sentiments négatifs pour recevoir la consolation divine et laisser le Saint-Esprit restaurer.
 
²      Luc 14 : 12-14 Þ Ce passage valorise une action accomplie dans l'amour sans exigence ni attente ni espoir de retour ou de reconnaissance. Le désintérêt est total. Le don est effectué sans condition d'en retirer du bénéfice, du plaisir ou une récompense. Le disciple ne fait pas les choses pour être béni ou reconnu. Il les accomplit par amour et cela lui procure une grande joie.
 
²      Dans l'église, il convient de développer cet état d'esprit afin d'aider et de secourir les nécessiteux en prenant en considération les besoins du corps, de l'âme et de l'esprit. Le but est de rendre sa dignité à chaque personne, de lui permettre de rencontrer Jésus, d'être sauvée et transformée, de l'accompagner en vue de son épanouissement. Les limites du don de soi résident dans le refus de faire des assistés et des personnes dépendantes toute leur vie.
 

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Vos commentaires (2)

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Posté le 6 Mars 2014 à 09h28
Merci Philippe Landrevie !
Posté le 24 Octobre 2012 à 11h02
Merci pour ce partage, soyez bénit.