On l’appellera Admirable Conseiller

On l’appellera Admirable Conseiller

Qui n’a jamais eu besoin d’un conseil ? Qui n’a jamais été sollicité pour donner un conseil ? Même les grands de la terre s’entourent de conseillers. Ils savent plus ou moins intuitivement ce qu’affirmait déjà le livre des Proverbes à plusieurs reprises, qu’il est précieux d’avoir de bons conseillers. Etre invité à prodiguer des conseils est à la fois un privilège car c’est une marque de confiance qui nous est faite, et une responsabilité, car nous pouvons influencer nos interlocuteurs et engendrer diverses conséquences dans leur vie. En cela comme dans bien d’autres domaines Dieu a pourvu pour nous à un modèle incomparable en la personne de Jésus son fils.

Esaie, annonçant la venue du Messie, disait de lui : On l’appellera Admirable Conseiller (Esaïe 9/6)

Suivons le donc aujourd’hui dans une de ses interventions de conseiller :

Luc 24/13 : Ce même jour, deux disciples allaient à un village nommé Emmaus, éloigné de Jérusalem de soixante stades ; et ils s’entretenaient de tout ce qui s’était passé. Pendant qu’ils parlaient et discutaient, Jésus s’approcha et fit route avec eux.

Jésus ressuscité a vu ces deux disciples tristes et accablés. Ils ne font pas partie des onze, le cercle de ses amis les plus intimes. Mais le Seigneur ne fait jamais de favoritisme et il choisit de faire une démarche particulière en leur faveur afin de les faire sortir de leur dépression et de les guérir dans leur âme.

Le parfait conseiller est rempli de compassion envers toute personne dans la souffrance, quelle que soit sa condition, et il met tout en œuvre pour l’aider.

Ces deux compagnons complètement découragés ont décidé de quitter Jérusalem, la ville sainte, là où se trouvait le temple, là où se manifestait la présence de Dieu pour s’en aller à la campagne. Pendant qu’ils cheminaient, le Seigneur s’approcha et fit route avec eux. Il n’a pas surgi de façon spectaculaire, mais connaissant leurs blessures intérieures, il agit avec tact et douceur ; pour faire route avec eux, il a du régler son pas sur le leur, accepter pour un temps d’aller dans la même direction qu’eux. Il s’est fait humblement leur égal. Il a partagé leur situation de voyageurs.

Le parfait conseiller s’identifie à la personne en difficulté, il se met à son niveau, partage son vécu et lui apporte en tout premier lieu la chaleur de sa présence bienveillante.

Verset 17 : Il leur dit : de quoi vous entretenez-vous en marchant, pour que vous soyez tout tristes ?

Il semble qu’il aurait été nettement plus simple pour Jésus de leur dire : Allons, ne soyez plus tristes, regardez, je suis Jésus, je suis ressuscité. Réjouissez vous ! Mais le Seigneur ne veut pas seulement chasser leur tristesse et faire revenir le sourire sur leur visage. Il désire les guérir profondément dans leur être intérieur. Or la guérison est un processus qui comprend plusieurs étapes. Après les avoir mis au bénéfice de sa présence réconfortante et avoir créé un climat de confiance, il leur donne l’occasion de s’exprimer. Une des étapes importantes qui va permettre à ces deux disciples d’être pleinement restaurés c’est d’analyser eux-mêmes la cause de leur souffrance, de traduire en mots leur désarrois.

Le parfait conseiller ne fournit pas instantanément des réponses toutes prêtes.
Il suscite la parole afin que son interlocuteur ait la possibilité de réfléchir posément sur sa situation et de l’analyser sainement.

Verset 18 : Es-tu le seul qui, séjournant à Jérusalem ne sache pas ce qui est arrivé ces jours-ci ? Quoi leur dit-il ?

Ce dialogue a de quoi nous faire sourire, nous qui connaissons l’identité de cet « étranger ». Mais n’est-ce pas remarquable de voir Jésus accepter d’être traité comme un ignorant, une personne déconnectée des réalités ? Peu lui importe ce qu’on pense de lui, son attention est entièrement dirigée vers le bien qu’il désire faire à ces deux hommes.

Le parfait conseiller ne se vexe pas, ne s’offusque pas des réflexions désobligeantes ou agressives de la personne qui souffre
, il lui conserve sa sollicitude et garde en vue l’objectif de sa guérison sans se laisser déstabiliser.

Versets 19-24 : Ce qui est arrivé … Nous espérions … Il est vrai que ….

Nos deux voyageurs, invités à parler devant cet inconnu qui leur accorde une écoute attentive vont spontanément faire un exposé en trois étapes : 1/les faits racontés de manière objective, 2/leur interprétation personnelle et leur ressenti par rapport aux évènements, 3/leur incapacité à accepter les éléments qui pourraient les sortir de leur désespoir (ils n’ont cru aucun des deux témoignages de la résurrection qui leur ont été donnés : celui des femmes et celui des disciples qui sont allés au tombeau).

Le parfait conseiller sait écouter avec respect, dans le silence, avec attention et il discerne ce qui est objectif de ce qui est subjectif. Dans l’écoute, il reçoit l’inspiration pour conduire la personne avec qui il dialogue vers la prochaine étape.

Versets 25-27 : Alors Jésus leur dit : ô hommes sans intelligence et dont le cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu’il entrât dans sa gloire? Et, commençant par Moïse et pas tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait.

Maintenant, et maintenant seulement, Jésus va parler. (Quelqu’un a dit : c’est en écoutant qu’on gagne le droit de parler) Sa réponse est basée d’abord sur ce qui ressort de leurs paroles (hommes dont le cœur est lent à croire) puis sur l’Ecriture, toute entière tournée vers Jésus, qui va leur apporter un enseignement substantiel et une base solide pour leur foi.

Le parfait conseiller apporte un enseignement tiré de la Parole de Dieu dans son ensemble. Il veille à ne pas sortir des textes hors de leurs contextes risquant ainsi de les vider de leur vrai sens. Il sait que toute l’Ecriture conduit à Jésus, centre de la révélation divine et s’efforce donc dans ses réponses d’amener son compagnon à découvrir ou approfondir sa relation avec Jésus.

Verset 28 : Lorsqu’ils furent près du village où ils allaient, il parut vouloir aller plus loin.

Jésus est venu à leur rencontre, il leur a offert sa présence, son écoute, son éclairage sur les Ecritures. Maintenant, c’est à eux de décider de ce qu’ils vont faire avec ce qu’ils ont reçu. Jésus ne s’impose pas. Il leur laisse la pleine liberté de l’accueillir ou de le laisser s’éloigner.

Le parfait conseiller est soucieux de ne pas s’imposer,
de ne pas créer de « dépendance » entre lui et son interlocuteur. Il respecte la liberté que Dieu donne à chacun, il sait s’effacer.

Verset 29 : Mais ils le pressèrent en disant : reste avec nous, car le soir approche, le jour est sur son déclin. Et il entra, pour rester avec eux. Pendant qu’il était à table avec eux, il prit le pain ; et après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna.

Lorsque Jésus est invité, surtout de manière aussi pressante, il ne refuse pas l’invitation. Par contre il va prendre la place du maître de maison. C’est lui qui va prendre le pain, rendre grâce, partager la nourriture et la distribuer. Nulle autre position ne peut être acceptable.

Le parfait conseiller rend son interlocuteur conscient du fait qu’inviter Jésus dans sa vie implique de lui donner la place de Seigneur et de Maître. Désormais c’est lui qui dirige et le disciple qui se soumet.

Verset 30 : Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent mais il disparut de devant eux .

C’est au bout de ce processus de guérison quand le cœur s’est déchargé, qu’il a été enseigné, qu’il a répondu librement en invitant Jésus et en lui donnant la place qui lui revient qu’enfin les yeux s’ouvrent, la lumière se fait, les ténèbres s’enfuient. Maintenant les deux disciples peuvent marcher comme des adultes. Ils n’ont plus besoin de la présence matérielle de Jésus. Il disparaît car chacun de nous est appelé à marcher par la foi et non par la vue.

Les preuves de leur guérison éclatent dans les versets qui suivent : ils reconnaissent l’impact de la parole de Dieu dans leur vie, reprennent leur chemin en sens inverse en direction de Jérusalem, retrouvent la communion des frères, témoignent avec enthousiasme de leur expérience.

Le parfait conseiller conduit l’âme en détresse non seulement à retrouver l’harmonie intérieure mais aussi l’amour de la Parole de Dieu, de sa présence, de la communion fraternelle et du service pour le Seigneur

« Seigneur, fais de nous des conseillers qui te ressemblent »

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