Il y a tant de modes dans notre monde actuel, c’est hallucinant ! Qui peut dire qu’il n’est pas victime à un moment donné de la toute dernière super tendance, du gadget dernier cri, de l‘ultime expression en vogue, ou du style qui « déchire » ?
Connaissez-vous la Tectonique ? Êtes-vous fan d’émissions de téléréalités ? Vous intéressez-vous au casting de la Star Academy, de la Nouvelle Star, ou de la toute dernière comédie musicale qui se prépare ? Parlez-vous MSN, SMS, le langage des « jeun’s », avec les « wesh » et tout ce qui s’en suit ? C’est tellement « fun », tellement « Style » ! Mais où seront passés dans quelques années les séries télévisés qui aujourd’hui semblent incontournables, comme « Héros », « Prison Break », « Grey’s Anatomy » ou « Lost » ? Au rythme où vont les choses, « Urgences » et « Ally McBeal » sentent déjà la naphtaline. Que dire alors du « Prince de Bel-Air » ou de « McGyver » ? Bref, vous voyez de quoi je veux parler ! Finis les bons vieux tourne-disques, les magnétoscopes, les « walkmans », bonjour les MP3, les IPOD, les disques durs multimédias, les smartphones, les GPS… Le monde tourne et s’affole. Tout va tellement vite. Les portables, les ordinateurs, les téléviseurs, ils se démodent et se périment très vite. Si nous voulons rester en course, il faut batailler ferme ! Quand aux habits, c’est à devenir dingue ! Des tee-shirts par-dessus des sweats, des pantalons en dessous des jupes, des chaussures hautes ou plates, pointues ou rondes ! Il faut être « chic », « smart », quitte à porter des lunettes noires la nuit, ou un cafard pour bijou. Parfois c’est tout et n’importe quoi ! On y perd tous un peu notre latin, et c’est « bigrement » dur de s’y retrouver. Attention à vos faits et gestes, car si vous décidez un jour de vous couvrir la tête avec un short, vous pouvez très bien, sans le vouloir, lancer une mode.
L’autre jour je voyageais en TGV avec mes enfants. Nous avions pour carré voisin une mère et ses trois enfants. L’aînée, âgée d’une douzaine d’années, n’avait ni les yeux, ni la langue dans sa poche. Quand elle vit les « game boy » de mes garçons en comparaison de leurs Nintendo DS, elle ne put s’empêcher de se moquer à haute voix. J’ai bien compris que je n’étais certainement pas assez « fashion ». Mais ce qui m’a le plus surpris, c’est la complaisance de sa mère qui, finalement, a pris part à sa raillerie en me jetant aussi un regard ironique. Visiblement pour elle aussi, je ne l’étais pas, « fashion ». Cette flèche n’a heureusement égratigné que mon orgueil de mère, car, finalement, mes gars étaient tant occupés à jouer qu’ils n’ont rien vu ni entendu. Aurais-je dû avoir honte de laisser mes enfants jouer avec une game boy qui, depuis longtemps, n’était plus au goût du jour ? Mais dans quel monde vivons-nous ? Pour terminer la petite histoire, les enfants se dissipant un peu trop en fin de trajet, j’ai sorti le lecteur DVD portable que mon mari nous avait préparé dans un sac à dos. Je n’ai pu m’empêcher alors de regarder la réaction de la pré-ado qui nous avait, deux heures avant, tout bonnement fustigés. Elle s’était lassée de sa DS et s’impatientait avec sa fratrie. Avec des yeux de chien battu, elle ne put s’empêcher de loucher sur le petit écran du lecteur DVD. J’étais peut-être tout à coup devenue assez « fashion » pour elle !
Nous devons rester vigilants et réaliser que la mode est à double tranchant. Si dans la forme, il s’agit de faire comme tous les autres et de suivre le mouvement, c’est vrai, il n’y a là rien de bien « méchant ». Un chrétien dans le vent c’est plutôt bien ! Par contre, le fond est sujet à controverse. S’il est indispensable pour nous d’être en première ligne, de nous montrer, d’avoir ce que l’on appelle aujourd’hui le style « bling-bling » dans toute sa splendeur, il est temps de réagir. Pour des chrétiens, le « tape à l’œil » ou le « m’as-tu vu », n’a normalement pas lieu d’être. Si c’est le cas, et que je ne peux m’empêcher d’accorder de l’importance à ce que l’on pense de moi, à mon apparence, à mon style, à l’image que je projette, alors ma foi est en danger. C’est un piège pour ma vie, si cette mode devient pour moi un moteur, une philosophie de vie, une reconnaissance de mon entourage, une garantie pour réussir. Je dois alors réagir et revenir au pied de la croix. « Tout est permis mais tout n’est pas utile » 1 Corinthiens 6.12. On connaît bien ce verset. Je dois écarter de ma vie tout ce qui peut prendre la place de Jésus et m’éloigner de lui.
Parfois dans nos milieux, nous nous laissons gagner par cet esprit du monde, et nous faisons des compétitions d’Églises « Fashions ». On chante le répertoire de ce chanteur qui fait fureur en ce moment, la chorale est « cool de chez cool », la louange a un lead qui « groove », le groupe de jeunes un pasteur jeunesse qui est trop « dare », sans parler du pasteur principal qui assure « grave »… Et quand on organise une mission, des baptêmes, un mariage ou un concert, il faut que ce soit l’événement du siècle ! On sort le gros attirail, on appelle la cavalerie. Il faut que tout y soit pour être au « top », strass, paillettes et confettis compris. Dans la forme, il n’y a rien de condamnable, mais dans le fond, on s’éloigne du primordial. Car qui voulons-nous épater, pourquoi tant de fioritures ? C’est Jésus SEUL qui doit être à l’affiche dans nos Églises, et pas nous-mêmes, nos pasteurs, nos leads ou nos différents groupes.
Eh oui, nous sommes tous plus ou moins influencés par ce déferlement de la mode dans notre société, même si, en temps que chrétien, nous veillons bien sûr à garder une juste mesure. Car c’est tout de même dans ce monde-là que nous vivons et que nous évoluons. Et il n’est pas évident de ne pas succomber à la pression de cette mode omniprésente. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Les modes d’antan reviennent et celles d’aujourd’hui reviendront dans les années futures. Il y aura toujours dans nos églises les croyants un peu « classiques », et les croyants « avant-gardistes ». Il n’y a rien de mal à préférer les choses anciennes, ou à favoriser les nouveautés. Dans toutes ces choses, Dieu nous demande juste d’être équilibrés et croyez-le ou non, ce n’est pas toujours facile.
Le propre de la mode, c’est sa courte durée de vie. La mode est éphémère, variable, aléatoire. Rien ne dure ni ne perdure. Alors ne donnons pas trop de place à des futilités, afin qu’elles ne remplacent jamais ce qui compte vraiment pour nous, Jésus, notre essentiel. Car au-delà des modes, des goûts, des préférences, ce qui compte vraiment pour nous chrétiens, c’est de ne jamais avoir honte d’afficher notre identité d’enfant de Dieu pour notre vie ici-bas et notre vie éternelle.
Lydie GRIVALLIERS
