Le pape Benoît XVI a demandé aux autorités de Pékin de garantir une «authentique liberté religieuse» aux catholiques chinois, qu'il a appelés à «l'unité» et à la «réconciliation» sous son autorité, dans une longue lettre publiée samedi par le Vatican. La Chine a rapidement réagi à cette lettre en demandant au Vatican de ne pas créer de «nouveaux obstacles» à l'amélioration des relations bilatérales et en réitérant ses deux exigences majeures : rupture des relations diplomatiques entre le Vatican et Taïwan, pouvoir de nommer les membres du clergé.
Avec notre correspondant à Pékin, Mathieu Baratier
La réponse aura été rapide. Quelques heures après la publication de la lettre du pape Benoît XVI, le ministère chinois des Affaires étrangères affichait un communiqué sur son site internet. Un texte très court qui rappelle la position officielle de Pékin en termes clairs.
Le gouvernement chinois demande au Vatican de rompre ses liens avec les autorités de Taïwan. Car Rome entretient toujours des relations diplomatiques avec l'île même si le Saint-Siège se dit prêt à les interrompre à tout moment pour ouvrir une ambassade à Pékin. Le communiqué chinois est aussi une mise en garde lancée au pape Benoît XVI contre ceux que la Chine appelle «des interférences» dans les affaires intérieures et aussi contre l'utilisation de la religion pour servir des objectifs politiques.
C'est une réponse aux déclarations du pape qui a dénoncé l'absence de liberté religieuse en Chine. C'est aussi une réaction à son appel aux catholiques chinois pour qu'ils s'unissent derrière lui. Sur ce point, c'est la question de la nomination des évêques qui est en jeu. Pour l'instant, l'Eglise chinoise contrôlée par le gouvernement, intronise les chefs de diocèse. Un pouvoir de nomination que le Vatican veut absolument récupérer à son profit.