Chère X,
Ce sujet est tellement intime qu'il est difficile de le partager ouvertement avec quelqu'un. Néanmoins, vous êtes nombreuses à nous poser ce genre de question dans l'anonymat de notre courrier et nous allons essayer d'y répondre, pour vous, comme pour toutes celles qui sont concernées.
Le sujet que vous nous soumettez n'est pas des plus faciles et il est vrai que la Parole de Dieu ne nous enseigne pas vraiment sur ce qu'il est convenable de faire ou pas. La seule chose que nous savons, et cela est vrai pour tout, c'est que tout ce que nous faisons doit se faire dans le respect de l'autre, sans jugement, avec amour et douceur. Nous vivons dans une époque tellement déboussolée, imprégnée de pornographie, qu'il est difficile de savoir où sont les limites en matière de sexualité.
Le premier conseil que je vous donnerais serait de ne pas mêler la parole de Dieu à votre refus de certaines pratiques devant votre mari. Même s'il est normal que vous vous posiez la question en tant que chrétienne, ne prenez pas comme prétexte la Bible ou votre foi pour lui refuser ce qu'il demande. Si vous prétextez la parole de Dieu, les deux conséquences vont être qu'il va être révolté contre votre foi, et qu'il va mettre sur le dos de Dieu des choses qui n'ont rien à voir. C'est fermer la porte à tout dialogue.
Le dialogue entre vous deux va être la clé du problème.
En matière de sexualité, les attentes des deux partenaires sont rarement à l'unisson et il est rare que spontanément, l'harmonie se trouve. L'homme et la femme n'ont pas en général une idée claire de ce que l'autre désire et si le couple ne dialogue pas, les frustrations et les expériences choquantes vont se multiplier, au péril du couple.
Alors DIA-LO-GUEZ, parlez-en à un moment favorable, en toute confiance, sans agresser votre mari par des accusations. Ne vous adressez pas à lui en disant "tu" (tu me choques quand..."), il se sentirait tout de suite jugé et se mettrait en mode défensif peu propice à la communication, dites plutôt "Je" pour exprimer vos sentiments et remarques ("je ne me sens pas prête pour..." "je me sens bousculée quand tu me demandes de..."). Restez calme et exprimez vous tranquillement, personne n'est au tribunal.
Un refus de votre part doit être motivé par des choses qu'il est à même de comprendre et d'accepter. Il faut que vous en parliez tous les deux, que vous lui expliquiez que la pratique qu'il réclame vous met mal à l'aise, vous choque, que vous ne vous sentez pas encore assez en confiance pour faire cela. Montrez lui votre bonne volonté en lui disant que vous comprenez sa demande, sans le juger, le condamner ou qu'il se sente repoussé (c'est la pire des choses pour un homme). De toute façon, il FAUT en discuter sans se cacher derrière des prétextes religieux.
En matière de sexualité, les hommes n'ont pas les mêmes "limites" que les femmes et certaines choses vont leur paraître parfaitement normales et naturelles et vont au contraire choquer la femme. Il faut aussi que vous compreniez de votre côté que ce que l'homme met en premier de tous ses besoins d'accomplissement et de valorisation, c'est le sexe. C'est donc un sujet très important pour la sauvegarde de votre couple.
Ne mélangez pas tout, et faites en un sujet de prière prioritaire, déjà pour qu'il puisse comprendre clairement que ce qu'il demande vous met mal à l'aise, qu'il va falloir y aller progressivement sans brusquer les choses, et que de votre côté aussi vous puissiez peut-être assouplir vos limites. Je ne connais pas votre intimité mais Dieu la connaît et il peut vous aider à trouver le juste milieu, pour d'une part faire plaisir à votre mari, et le satisfaire, sans entrer dans des pratiques scabreuses et choquantes à vos yeux. L'important est que vous puissiez tous les deux trouver un terrain d'entente qui vous permette de vous épanouir autant l'un que l'autre dans votre relation de couple. Ce n'est pas facile, mais dans tout ce qui nous concerne intimement, Dieu est notre appui, notre meilleur conseiller, et notre soutien.
Soyez encouragée et bénie
Anne Bersot

















